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Une entreprise sur deux ne passe pas le cap des 5 ans*. Derrière ce constat, faut-il s’alarmer pour autant et ne travailler qu’avec des entreprises historiques ? Est-ce que le critère d’âge d’une entreprise doit devenir un facteur discriminant ? Infolegale vous propose de revenir sur la question.

1/ Evolution du taux de pérennité des entreprises

Depuis 1998, l’INSEE, à travers le "Système d'Information sur les Nouvelles Entreprises" (Sine), réalise tous les quatre ans une étude sur les jeunes entreprises. L’un des éléments clés de cette étude est le calcul du taux de pérennité des entreprises.

Pour la génération d’entreprises créées en 2002, le taux de pérennité des entreprises est de 54 % cinq ans plus tard en 2007. Ce taux se dégrade encore en 2013 et passe à 50 %. Ainsi, cette enquête révèle que désormais la moitié seulement des entreprises existent encore cinq ans après leur création.

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Au-delà de la simple évolution de ce taux qui dépend autant de la conjoncture économique que de contraintes externes, cela a un réel impact sur l’âge moyen des entreprises. Voici le graphique formalisant l'évolution du nombre des entreprises par année d'immatriculation (source : Infolegale).

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2/ Taux de pérennité des entreprises : les causes des défaillances

Existe-t-il un profil-type des entreprises qui ne parviennent pas à dépasser le cap des 5 ans ?

De manière générale, les caps de la deuxième et de la troisième année sont difficiles à franchir pour toutes les entreprises. C’est à ce moment que les investissements consentis au départ sont censés payer leurs fruits. C’est en quelque sorte le moment de vérité pour tous les chefs d’entreprises.

Concrètement, les défaillances dans les premières années sont surtout la conséquence des capitaux investis à la création. Dans les faits, les moyens financiers mis en œuvre pour développer la structure sont la clé pour envisager sereinement le futur.

Pourquoi ? Tout simplement parce qu’une entreprise a besoin de beaucoup de ressources pour démarrer son activité (comment prospecter les créateurs d’entreprises ?). Il faut :

  • Régler les services fiscaux et l’URSSAF ;
  • Louer des locaux et aménager de l’espace de travail ;
  • Acheter du matériel informatique, de bureautique et de consommable ;
  • S’abonner pour avoir une ligne téléphonique et internet ;
  • S’équiper de matériel professionnel ;
  • Communiquer et faire de la publicité : création d’un site web, supports de communication…

C’est une phase que les créateurs ont des difficultés à anticiper. Il en résulte des problèmes de trésorerie qui ne font que s’accentuer par la suite, jusqu’au dépôt de bilan.

Par ailleurs, le secteur d’activité et la forme juridique sont aussi des éléments déterminants dans les chances de survie d’une entreprise. Certains secteurs sont plus sujets que d’autres à la création (la construction et les services aux particuliers) et d’autres aux cessions (la restauration).

Ainsi, dans le secteur de la restauration, les entreprises changent souvent de dirigeant : les reprises représentent près de la moitié des créations de ce secteur, alors que cette proportion est de l’ordre de 15 % pour l’ensemble des secteurs. En effet, la restauration est un secteur très volatile, les anciens dirigeants pouvant reprendre de nouvelles affaires par ailleurs.

Précisons également que le statut d’auto-entrepreneur, mis en place en 2009, a entraîné une forte augmentation du nombre de créations d’entreprises et… des cessations d’activité. En effet, selon une étude de l’INSEE, trois ans après leur immatriculation, seuls 30 % des auto-entrepreneurs en 2010 sont toujours actifs sous ce régime. Parmi les 62 % qui ont réellement démarré une activité, seuls 49 % sont pérennes à trois ans, soit beaucoup moins que les créateurs d’entreprises individuelles classiques de la même génération (62 %). On constate que l’activité est plus pérenne pour les auto-entrepreneurs dont il s’agit de l’activité principale. Mais celles-ci restent marginales.

Enfin, il existe sans doute un effet start-up qui demeure encore difficile à mesurer aujourd’hui.

3/ Taux de pérennité des entreprises : impact sur le poste clients

La faiblesse du taux de pérennité des entreprises pourrait inciter les responsables du poste clients, crédit managers en tête, à ne travailler qu’avec des entreprises historiques. Ce serait sans doute aller un peu vite en besogne.

En effet, comme nous le précisons plus haut, le taux de pérennité des entreprises dépend de plusieurs facteurs. Il varie énormément en fonction :

  • Du capital investi
  • Du statut
  • Du secteur d’activité
  • Du profil du dirigeant
  • De la zone géographique

D’ailleurs, ces seuls critères doivent être analysés et pondérés en fonction des circonstances. Il demeure primordial de connaître vos futurs clients ou fournisseurs avant de prendre une décision.

Par exemple, une jeune entreprise peut aussi bien être une entreprise ayant fait l’objet d’un rachat ou d’une fusion. Dans ce contexte, le dirigeant de l’entreprise en question est généralement très expérimenté et, la plupart du temps, son entreprise dispose de capitaux solides. Il serait donc regrettable de recaler ce type d’entreprises sur le seul critère de l’âge.

Dans un même ordre d’idées, l’analyse des bilans comptables demeure un élément essentiel pour accepter un futur client, mais votre démarche doit encore une fois s’adapter aux circonstances. En effet, certains grands groupes mettent en place des processus d’acceptation parfois trop rigides. Par exemple, il n’est pas rare qu’ils s’astreignent à une analyse systématique des bilans sur les cinq, six, voire sept dernières années avant d’accepter un client. Par définition, les entreprises récentes ne rentrent pas dans le spectre. Ce qui coupe l’herbe sous le pied à bons nombres d’entreprises saines et en expansion.

Ainsi, un taux de pérennité faible ne rime pas forcément avec l’obligation de travailler avec des entreprises historiques.

Etude réalisée par l’INSEE en 2013 http://www.insee.fr/fr/service/default.asp?page=commander-prestation/entreprises-sine.htm

 
A retenir
  • La moitié seulement des entreprises existent encore cinq ans après leur création
  • 36 % des entreprises françaises ont moins de 6 ans
  • Il existe plusieurs explications : un capital trop faible, un manque de préparation des dirigeants, des secteurs d’activités avec un fort renouvellement (restauration, construction) …
  • Cela ne signifie pas pour autant qu’il faille privilégier les entreprises historiques : l’âge de l’entreprise n’est qu’un indicateur à pondérer avec d’autres critères

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By Infolegale | 10/05/16 | Risque client

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